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Dépasser les oppositions entre urbanistes, architectes et paysagistes

Henri Bava, Michel Hössler et Olivier Philippe, les trois fondateurs et directeurs de l’agence ter, mus par une même curiosité, repoussent les limites de leur métier en expérimentant une approche transversale du projet urbain et territorial, loin de l’habituelle opposition entre urbanistes, architectes et paysagistes.

L’élargissement continu des compétences internes offre aujourd’hui la possibilité à l’agence ter de se positionner sur des projets d’urbanisme complexes, toujours abordés par le paysage. Les trois fondateurs et leur équipe, associent attention au « déjà là », au contexte, en s’appuyant sur certains constituants marquants du paysage pour proposer une démarche conceptuelle capable de conserver les éléments constitutifs d’un site tout en opérant un basculement vers une nouvelle dynamique territoriale. Les trois associés agissent avec la ferme volonté de promouvoir le paysage comme vecteur de transformation métropolitaine.

Conceptualiser l’essence d’un projet tout en s’appuyant sur une base physique, géographique ou historique et mémorielle, permet de mieux partager les enjeux, de susciter le dialogue avec les acteurs et de faciliter les échanges participatifs avec les habitants. L’agence ter, loin d’opposer la démarche contextuelle à celle conceptuelle, recherche à l’inverse une combinaison judicieuse des deux attitudes, opérante in fine, à des échelles diverses, celle du quartier, de inter-urbanité jusqu’à celle du grand territoire.

Comprendre le territoire dans sa globalité pour fabriquer le paysage urbain de demain

Explorer les grands territoires a été donné très vite à l’agence ter, quasiment dès sa formation : le hasard des commandes et l’envie de multiplier les expériences ont conduit les trois associés implantés à Paris, à créer différentes antennes, en Guyane d’abord et en Allemagne ensuite. Cette confrontation à des problématiques liées au territoire dans des contextes culturels différents a permis, tout en conservant une écriture commune, d’acquérir une réelle capacité d’adaptation aux échelles les plus diverses et de saisir une culture pour accompagner le développement du territoire.

L’agence ter développe désormais son approche des grands territoires métropolitains par des études de planification qui placent la géographie et ses paysages au centre de la problématique de la ville-territoire, qui proposent une dynamique d’évolution, au sein d’une approche concertée, dès l’amont du projet avec tous les acteurs.

Développer une approche intégrée de la géographie

La ville contemporaine se transforme en permanence, il faut considérer l’urbain, le péri-urbain et le sub-urbain, avec, dans l’ordre, le plus souvent, une présence accrue du paysage. Il faut donc réussir à associer paysage et urbanité dans une recherche constante. C’est à partir du paysage et de sa compréhension, que l’on peut développer de nouvelles formes urbaines : le champ d’expérimentation est large aujourd’hui, favorisé par le souhait amplement partagé, et le devoir de prise en compte dès l’amont du projet des aspects environnementaux, de gestion des eaux de surface, de limitation énergétique, de rationalisation de l’entretien des espaces publics, d’intégration de nouveaux matériaux et technologies. Bien au-delà de constructions durables c’est la notion de territoire durable qui doit être considérée au sein d’une démarche de projet, pour démontrer par exemple que la création d’un nouvel ensemble urbain peut renforcer la biodiversité d’un site. Au-delà de l’aménagement, l’agence ter compose avec l’existant pour inventer de nouvelles manières d’habiter et de vivre la ville autrement : c’est par exemple ce qui est proposé dans le quartier du Bois Habité de Lille, ou encore le quartier écologique d’Illkirch le long du canal et l’éco quartier fluvial de Mantes-la-Jolie pour lesquels l’agence ter est mandataire.

L’ouverture, la curiosité, la volonté d’être dans son temps et participer à la transformation du monde offrent une étendue de possibles que l’agence ter explore au quotidien, à partir du paysage comme valeur et base de travail, mais sans définir de limites : domestiquer les infrastructures, accompagner les mouvements d’eaux, explorer les très grands territoires, en découvrir d’autres porteurs de cultures et de logiques différentes.