BARCELONE / Plaça de les Glories « CANOPIA URBANA »

BARCELONE / Plaça de les Gloriès

Située à l’intersection des grands axes barcelonais  (Gran Vià, Diagonal et Meridiana) mis en place par Idelfons Cerdà, la Place des Gloires Catalanes a fait l’objet d’un concours international remporté par l’Agence Ter. Le projet lauréat, appelé Canopia Urbana est une stratégie qui vise trois objectifs principaux :

En premier inventer un écosystème urbain qui hybride ville  et nature.

En second, mettre dans une relation synergique le sous-sol, le sol de la ville et les horizons métropolitains. Constitutive de l’hybridité, cette relation verticale implique autant le milieu naturel que l’homme.

Enfin, en troisième, il s’agit d’offrir un espace capable de remplir  dans un même espace les fonctions dédiées à une place et celles dédiées à un parc.

Glories, par sa situation au croisement des grands tracés d’Idelfons Cerdà, par ses dimensions (environ 20 hectares) et par son statut d’un espace en attente d’une vocation métropolitaine supérieure, est l’opportunité unique pour développer cette stratégie.

Le premier acte de cette stratégie consiste à parfaire le caractère continu du sol. Sans rupture avec les quartiers environnants, ce sol continu se déploie tel un plan libre pratiquement horizontal, il autorise tous les transits, il est capable d’une  polyvalence maximale.

Le deuxième acte  vise à restaurer les échanges naturels entre ciel et sous-sol, en déminéralisant  et en fertilisant la surface actuelle largement imperméable et stérile. Cet acte permet les échanges hydriques et biologiques verticaux comme horizontaux, conditions premières pour permettre l’émergence d’un espace vivant, biodiverse et capable d’agir comme un puissant régulateur climatique.

Le troisième acte propose de mettre en place une canopée végétale. Inscrite dans l’épaisseur du «vélum construit» du Barcelone de Cerdà (vingt-huit mètres), cette canopée articule les axes verts et civiques de l’est de Barcelone (Sagrera-ciutadella, Carretera de ribes-Clot, Rec comtal  et diagonal). Ample, elle agit comme un puissant connecteur écologique et régulateur climatique.

Le quatrième acte correspond à un dispositif d’intensification qui s’exprime par une constellation de «nodes» ponctuant l’espace du parc. «nodes» verticaux, intensificateurs de biodiversité en connexion avec la canopée, «nodes» verticaux mettant en relation le sous-sol infrastructurel et le sol urbain (jardi d’immersio- sortidas metro) ou le sol et le skyline métropolitain (node skywalker) et enfin «macro-nodes» correspondant à des programmes et usage spécifiques potentiellement clos.

Enfin l’achèvement de la diagonale comme axe majeur est l’acte ultime de cette stratégie.

SARAGOSSE / El Portillo musée

SARAGOSSE / El Portillo musée

.

SAN SEBASTIÁN / Parc Cristina Enea

SAN SEBASTIÁN / Parc Cristina Enea

L’ancien parc Cristina-Enea, installé au XIXe siècle sur une colline dans une boucle du fleuve Urumea, sombrait à la fin du XXe siècle dans un état d’abandon, détruit par une forte érosion des sols due au climat très doux et pluvieux, enfoui sous une végétation boisée devenue trop dense et cachant la vue sur la ville. La topographie de ce parc, mal desservi par les chemins formait un obstacle aux passages nécessaires pour connecter le centre-ville historique au nord avec le nouveau quartier en plein développement au sud, de l’autre côté du fleuve. Agence Ter décide d’y installer un parcours piéton principal traversant et un autre s’enroulant autour de la colline et traversant le fleuve par un pont, pour garantir le passage vers le nouveau quartier même de nuit lorsque le parc est fermé. Ensuite, tout le travail consiste dans la mise en valeur du territoire: saisir ses qualités paysagères oubliées, définir ses espaces intimes, en activer certaines parties et en calmer d’autres, formuler en fin de compte un nouvel espace contemporain dans celui du parc historique. Les interventions se concentrent le long des chemins, tous reprofilés et flanqués d’une rigole pour l’eau de pluie, et créent un enchaînement de lieux révélateurs d’atmosphères ludiques et de panoramas paysagers. Une pelouse ouverte vers le ciel forme le centre du parc en hauteur, entourée d’un chemin rigoureusement ovale. Non seulement le parc est devenu perméable aux mouvements des habitants, mais la végétation remodelée permet dorénavant le passage de mille regards possibles sur la ville et ses collines.

SARAGOSSE / Parc Milla-Digital

SARAGOSSE / Parc Milla-Digital

Pour préparer l’Exposition universelle de 2008, la ville de Saragosse lance plusieurs concours d’architecture et de paysage, afin d’aménager le site de l’expo lui-même, situé dans une boucle de l’Èbre, et afin de redéfinir les espaces urbains qui le relient au centre-ville très construit et dépourvu de lieux d’agrément et de détente dans un cadre vert. Les paysagistes de l’Agence Ter remportent le concours voué à l’axe de liaison entre la nouvelle gare du train à grande vitesse AVE et le site de l’expo, jusqu’alors non réalisé – un parc sur un terrain étroit bordé de grandes infrastructures et d’un bâti dense et hétérogène. S’il a pour vocation de créer un nouvel espace de nature, confortable et inédit, le parc pose aussi la question de la manière de mettre en relation le réel avec le virtuel, le lieu lui-même avec son amplification numérique, les sensations de l’espace matériel avec celles de l’espace immatériel – il se veut tout un champ d’expérimentation digitale. Partout se mélangent les éléments de nature avec les éléments hightech du numérique, dans une composition flexible où les lisières naturelles ou construites sont les outils de basculement entre ces deux espaces. Ce sont les visiteurs qui deviennent les acteurs du parc, libres de se livrer aux plaisirs d’expérimentation à partir des supports donnés, les éléments structurants du paysage, qui ne sont rien d’autre qu’une œuvre ouverte se complétant par l’interactivité avec le digital pour former le nouvel espace composite d’une réalité augmentée.