Michel Hössler : la crise sanitaire « nous réinterroge sur la ville dense »

Michel Hössler, l’un des trois fondateurs et directeurs de l’agence TER, Grand Prix de l’urbanisme 2018, nous a livré son point de vue quant aux conséquences de la crise sanitaire sur les pratiques du secteur de l’urbanisme.

Une partie de votre travail repose sur la planification urbaine et donc le dialogue avec les acteurs : comment ces activités se déroulent-elles en période de confinement ?
Cela dépend. Il y a trois grands secteurs de travail chez nous : l’activité à l’export, notamment avec la Chine, les Etats-Unis ou autres, qui est particulièrement affectée par le Covid-19, même si cela continue en Chine ; en Métropole, en matière de maîtrise d’oeuvre d’espace public, des suivis de chantier sont compliqués puisque certains sont à l’arrêt ; en termes de maîtrise d’oeuvre urbaine, cela dépend des clients, mais globalement, il y a une suite des affaires.

Quid de vos opérations d’aménagement ?
Nous arrivons à maintenir l’activité d’un certain nombre de projets déjà engagés depuis plusieurs années, par la mise en place du télétravail. Cela permet de suivre les opérations. C’est plus compliqué sur les opérations tributaires des nouvelles équipes municipales, notamment dans les villes où les maires n’ont pas été élus au premier tour. Dans ces cas là, nous restons dans l’attente pour les projets.

Cette crise sanitaire va t-elle impacter votre façon de voir et de faire la ville et le paysage ?
Forcément ! Elle nous réinterroge sur la ville dense, sur les pratiques professionnelles et sur les modèles sur lesquels nous travaillons, autant en milieu urbain qu’en milieu plus naturel.

Les effets de la crise sanitaire seront-ils supportables d’un point de vue financier pour les acteurs de la fabrique urbaine, selon vous ?
Nous sentons que cela va rallonger les délais des décisions politiques qui sont liées aux renouvellements des équipes municipales. Ce ralentissement va impacter les charges fixes, qui risquent de doubler ou de tripler. Pour ce qui est de l’intensité de l’impact de la crise sanitaire, elle est très compliquée à prévoir, elle va beaucoup dépendre des mois qui viennent.

https://www.innovapresse.com/urbain/strategies-urbaines/40774-michel-hoessler-la-crise-sanitaire-nous-re-interroge-sur-les-modeles-sur-lesquels-on-travaille.html